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vendredi 12 juin 2015

Attentat avorté de Villejuif : deux nouvelles incarcérations

Mes publications du 26 avril dernier avaient notamment porté sur l’arrestation toute récente de Sid Ahmed Ghlam, à la suite du meurtre d’Aurélie Châtelain à Villejuif le 19 avril 2015.

Fin avril, un de ses complices présumés pour des préparatifs d’attentats contre des églises de Villejuif avait été également mis en examen et écroué.

Deux autres viennent à leur tour d’être mis en examen et placés en détention préventive, portant à quatre le nombre de personnes actuellement poursuivies dans le cadre de cette affaire.

Par ailleurs, cinq mois après les attentats de Paris des 7, 8 et 9 janvier 2015, les enquêtes de police ont jusqu’à présent permis d’identifier sept individus susceptibles d’avoir aidé Amedy Coulibaly dans la préparation de ces tueries.


http://www.leparisien.fr/faits-divers/attentat-evite-de-villejuif-deux-suspects-deferes-11-06-2015-4852861.php

Attentat évité de Villejuif : deux suspects mis en examen et écroués

11 Juin 2015, 12h09 | MAJ : 11 Juin 2015, 22h25

Villejuif, le 26 avril. L’église Saint-Cyr-Sainte-Julitte figurait sur les plans du terroriste présumé Sid Ahmed Ghlam.
Villejuif, le 26 avril. L’église Saint-Cyr-Sainte-Julitte figurait sur les plans du terroriste présumé Sid Ahmed Ghlam.
LP/Olivier Arandel

Les deux hommes arrêtés dimanche et soupçonnés d’avoir apporté une aide logistique à Sid Ahmed Ghlam dans son projet présumé d’attentat avorté en avril à Villejuif, ont été mis en examen et placés en détention provisoire ce jeudi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.


Ces deux hommes, âgés de 35 et 38 ans, ont été interpellés dimanche à l’aube, le premier à Limay, le second à Mantes-la-Jolie, deux villes voisines dans les Yvelines où ils résident. Le parquet de Paris a requis leur placement en détention provisoire, a précisé une source judiciaire. Selon une source proche du dossier, ils nient avoir eu connaissance des projets présumés de Sid Ahmed Ghlam.

Les enquêteurs ont la conviction que cet étudiant algérien de 24 ans n’a pu agir seul, notamment pour mettre la main sur l’important arsenal qui avait été retrouvé dans son véhicule et dans sa chambre d’étudiant, à Paris: quatre fusils d’assaut kalachnikov, un pistolet, un revolver, des gilets pare-balles et des gilets tactiques, etc. Le procureur de Paris, François Molins, avait affirmé que Sid Ahmed Ghlam avait reçu des «instructions données vraisemblablement de Syrie et pour le compte d’organisations terroristes», après avoir bénéficié «d’une aide qui s’est traduite par des véhicules et de la fourniture d’armement».

Les deux suspect n’ont pas un profil de grands délinquants

L’étudiant algérien, mis en examen et écroué depuis le 24 avril, est soupçonné de l’assassinat d’une femme à Villejuif, le 19 avril, et d’un projet d’attentat jihadiste contre au moins une église de cette ville du Val-de-Marne. Il avait lui-même appelé le Samu ce jour-là alors qu’il était blessé par balle. Fin avril, un premier suspect, un homme de 33 ans, avait été mis en examen et écroué. Son ADN avait été retrouvé dans une voiture volée et garée à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où avait été entreposé au moins une partie de l’arsenal découvert en possession de Sid Ahmed Ghlam lors de son arrestation. Son ADN a aussi été découvert sur un gilet pare-balles en possession de l’étudiant algérien.

Lors de sa garde à vue, cet homme, qui nie toute implication dans un projet terroriste, avait déclaré qu’il avait remis le véhicule, une Renault Mégane, ainsi que des gilets pare-balles, à un autre homme à sa demande. Le plus jeune des deux déférés est soupçonné d’être cet homme, tandis que l’autre est soupçonné d’avoir été présent lors de la remise du véhicule, a indiqué une source proche du dossier.

Les deux hommes arrêtés dimanche n’ont pas un profil de grands délinquants, a précisé cette source. Le plus jeune a été condamné en 2013 à du sursis pour recel. Le plus âgé ne porte pas de mention à son casier judiciaire, ajoute la source proche du dossier.

VIDEO. Attentat déjoué à Villejuif : Sid Ahmed Ghlam était très discret


VIDEO. Attentat évité à Villejuif : «On a échappé à un massacre»


http://www.metronews.fr/info/attentat-evite-a-villejuif-un-complice-de-sid-ahmed-g-dit-avoir-agi-sur-l-ordre-d-un-commanditaire-base-en-france/modD!cwVvL3utGA/

Attentat évité à Villejuif : un complice de Sid Ahmed G. dit avoir agi sur l’ordre d’un commanditaire basé en France

Mis à jour : 30-04-2015 10:06
- Créé : 30-04-2015 08:46

FAIT DIVERS – L’homme mis en examen mercredi, complice présumé de Sid Ahmed G., affirme avoir agi sur ordre d’une personne qui serait dans l’Hexagone. Trois suspects avaient été interpellés dimanche dans le cadre de cette enquête. Deux garde à vue ont été levées.


SId Ahmed G, 24 ans,. a été interpellé dimanche 19 avril. Il vivait dans une résidence étudiante du 13e arrondissement. Dans sa chambre, de nombreuses armes ont été retrouvées.
SId Ahmed G, 24 ans,. a été interpellé dimanche 19 avril. Il vivait dans une résidence étudiante du 13e arrondissement. Dans sa chambre, de nombreuses armes ont été retrouvées. Photo : AFP

Les déclarations du trentenaire sont-elles fiables ? Au cours des quatre jours de garde à vue, un des trois suspects dont l’ADN a été retrouvé dans la voiture de Sid Ahmed G. et sur des gilets pare-balles, a donné aux enquêteurs plusieurs pistes qui, si elles sont vérifiées, ne sont pas rassurantes.

Mis en examen mercredi pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », « recel de vol en bande organisée » et « usage de fausses plaques d’immatriculation », toutes infractions en relation avec une entreprise terroriste, cet homme de 33 ans, soupçonné d’avoir aidé Sid Ahmed G. dans son projet d’attentat contre au moins une église de Villejuif (Val-de-Marne), aurait en effet dit aux policiers avoir agi sur ordre d’un commanditaire basé en France, et non en Syrie, révèle RTL.

EN SAVOIR + >> Un complice présumé de Sid Ahmed G. mis en examen

Déjà connu de la police

Ce complice suspecté interpellé dimanche dernier était déjà connu des services de police pour des affaires d’extorsions, violences et drogues. Son ADN a été retrouvé dans le véhicule garé à l’endroit où Sid Ahmed G. aurait trouvé son armement, ainsi que sur un gilet pare-balles.

Deux autres gardes à vue ont été levées sans qu’il n’y ait de poursuite à l’encontre des suspects. L’une d’elle a été levée mardi, l’autre mercredi.

EN SAVOIR +
>> Attentat évité : les faux documents de Sid Ahmed G
. pour entrer à l’université
>> Mis en examen, Sid Ahmed G. nie les faits
>> Attentat évité : Sid Ahmed G., un étudiant en informatique « discret »


http://www.franceinfo.fr/actu/justice/article/le-petit-frere-de-sid-ahmed-ghlam-aurait-alerte-sa-maitresse-sur-la-radicalisation-de-son-aine-681733

Le petit frère de Sid Ahmed Ghlam avait alerté son institutrice sur sa radicalisation

par Arnaud Racapé mardi 19 mai 2015 15:09

Attentat avorté de Villejuif : deux nouvelles incarcérations dans Crime
Bernard Cazeneuve rencontre les policiers à l’origine de l’arestation de Sid Ahmed Ghlam © Le Parisien/Matthieu de Martignac

Auditionné devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur a livré mardi quelques détails sur l’enquête autour de Sid Ahmed Ghlam, interpellé alors qu’il planifiait un attentat contre des églises de Villejuif. Agé de neuf ans, son petit frère avait « signalé » sa radicalisation à une enseignante dès le printemps 2014. Ce que dément toutefois leur soeur.


La radicalisation de Sid Ahmed Ghlam avait été signalée par un membre de sa famille. C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Intérieur mardi lors d’une audition devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Il s’agit de son petit frère. Scolarisé en Haute-Marne, le garçonnet de neuf ans a raconté à sa maîtresse, avec ses propres mots, la dérive de son grand frère, Sid Ahmed Ghlam, et ce dès le printemps 2014. Il a alors confié que son aîné voulait faire le djihad, qu’il envisageait même de partir en Syrie.

Signalé par une enseignante


Interpellée, la maîtresse a, toujours selon Bernard Cazeneuve, signalé ces informations : signalement qui a conduit à une première convocation de Sid Ahmed Ghlam, 24 ans, par les services de renseignement. A noter que la soeur de Sid Ahmed Ghlam, a formellement démenti à France Info ces informations : selon elle, son petit frère n’a jamais rien dit à quiconque.

Bernard Cazeneuve raconte la première convocation de Sid Ahmed Ghlam
 
Sid Ahmed Ghlam se trouve depuis le 24 avril en détention provisoire. Après 96 heures de garde à vue, il a été mis en examen par des juges antiterroristes pour « assassinat et tentatives d’assassinats », « association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes d’atteinte aux personnes » et d’autres infractions, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Sid Ahmed Ghlam est également suspecté du meurtre d’Aurélie Chatelain, une jeune femme de 32 ans originaire de Caudry dans le Nord.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/05/19/01016-20150519ARTFIG00238-attentat-de-villejuif-sid-ahmed-ghlam-avait-ete-denonce-par-son-petit-frere.php

Attentat de Villejuif : Sid Ahmed Ghlam avait été dénoncé par son petit frère


Selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, les enquêteurs avaient entendu le terroriste présumé et n’avaient relevé aucun élément compromettant contre l’auteur de la tentative d’attentat déjouée.

«Mon fils, jamais il n’a fait ça.» La mère de Sid Ahmed Ghlam l’assurait en avril dernier: son fils de 24 ans est innocent. Sid Ahmed Ghlam venait alors tout juste d’être mis en examen pour «assassinat», «tentative d’assassinats» et «association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes d’atteinte aux personnes». Malgré les soupçons, sa mère insistait: il n’y aurait aucun rapport entre le meurtre d’Aurélie Châtelain commis le 19 avril à Villejeuif, le projet d’attentat contre une église de la ville et son fils. Des propos qu’une de ses sœurs avait alors confirmés: «Il n’y a pas eu de radicalisation. Je suis choquée par tout ça. Nous, on n’y croit pas». Mais c’était sans compter le petit frère de 9 ans.

Bernard Cazeneuve a révélé mardi, devant la commission d’enquête sur la surveillance des filières djihadistes, que l’étudiant en informatique avait été signalé par son frère: il «a indiqué aux services que son frère se radicalisait». Les enquêteurs ont alors procédé à une audition et à un suivi téléphonique. Les dates n’ont pas été rendues publiques mais elles auraient eu lieu en 2014 et 2015. Elles n’avaient alors révélé aucun élément compromettant. «Les moyens technologiques utilisés (…) sont de plus en plus sophistiqués», s’est justifié Bernard Cazeneuve auprès des députés. Le ministre cite la cryptologie comme permettant «d’échapper au contrôle des services».

Sid Ahmed Ghlam avait été arrêté le 19 avril. Après s’être blessé à la jambe, il avait appelé les secours, provoquant son interpellation. Le jour même, Aurélie Châtelain, 32 ans, avait été retrouvée morte dans sa voiture en flammes, le corps criblé de balles, à Villejuif. Sid Ahmed Ghlam aurait tenté de dérober son véhicule avant de la tuer.

Fiché au nom de la sûreté de l’État


Après le signalement de son frère, le jeune homme a fait l’objet d’une fiche S, établie par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Le fichier recense les personnes susceptibles de préparer des actions nuisibles contre la France. Il implique ainsi une surveillance discrète au nom de la sûreté de l’Etat.

Si les vérifications sur l’environnement de l’étudiant n’ont révélé aucun élément justifiant une enquête judiciaire, ce n’est pas le cas pour tous les terroristes présumés. Bernard Cazeneuve assure que «les services de renseignement procèdent au démantèlement de filières de recrutement» ou «terroristes préparant des actes d’attentats» tous les jours. Ces opérations se font «sans bruit et avec efficacité».

D’après les chiffres communiqués par le ministre, 475 Français, dont 137 femmes et 80 mineurs, se trouvent actuellement en Syrie et en Irak. 105 Français auraient déjà trouvé la mort, dont huit dans des attentats-suicide. Depuis le 1er janvier 2014, le nombre de Français impliqués a explosé: en quelques mois, il est passé de 555 à 1683.



http://www.liberation.fr/societe/2015/06/07/la-galaxie-des-complices-d-amedy-coulibaly_1324922

La galaxie des complices d’Amedy Coulibaly

Ondine MILLOT et Willy LE DEVIN 7 juin 2015 à 20:16
 
Lors d'un hommage à la Porte de Vincennes, le 5 février.
Lors d’un hommage à la Porte de Vincennes, le 5 février. (Photo Mathieu Zazzo)

RÉCIT

De l’approvisionnement en armes à la logistique, les enquêteurs tentent de démêler l’implication de chacun dans l’aide apportée au terroriste.


Cinq mois après, l’enquête tentaculaire sur les attentats de Paris bute toujours sur de nombreux écueils. Malgré des heures d’auditions menées par la brigade criminelle et la Sous-Direction antiterroriste, il est encore difficile de délimiter le rôle des complices présumés d’Amedy Coulibaly. C’est toutefois le portrait de délinquants de droit commun comme la France en connaît des milliers qui apparaît au gré des 6 000 pages du dossier d’instruction.

Excepté l’un d’entre eux, intéressé par l’actualité syrienne et détenteur de photos de l’Etat islamique (EI) dans son iPad, aucun ne semble sur la voie de la radicalisation. Trafiquants de stups, voleurs, escrocs à la petite semaine, ils incarnent la pire crainte des services de renseignements : l’avènement d’un terrorisme dit «de connexions», où les frontières avec le banditisme sont de plus en plus poreuses. A ce jour, sept sont poursuivis pour «association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme» et écroués. Mi-janvier, les enquêteurs ont d’abord interpellé un premier cercle de quatre personnes : Tonino G. (22 ans), Christophe R. (25 ans), Nezar A. (30 ans), et Willy P. (28 ans). Ce groupe, complété par l’arrestation, fin mars, d’Ali Riza P. (30 ans), est composé d’amis et de connaissances d’Amedy Coulibaly. Willy P., Tonino G. et Christophe R. ont grandi comme lui à Grigny (Essonne), Ali Riza P., arrivé sur le tard dans la commune, prétend le connaître depuis 2007, alors que Nezar A., domicilié à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), était détenu avec le tueur de l’Hyper Cacher à la prison de Villepinte de 2010 à 2014. Coulibaly y était incarcéré pour sa participation à la tentative d’évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, l’un des auteurs des attentats de 1995.

Arsenal . Tous démentent avoir été au courant des intentions réelles d’Amedy Coulibaly. Au cours de leurs auditions, ils affirment que, s’ils avaient eu connaissance dès le départ de la finalité de l’opération, ils ne l’auraient pas épaulé dans la constitution de son arsenal. Les enquêteurs déclarent avoir obtenu des aveux de Willy P. pour l’achat, le 27 décembre, d’un gilet tactique noir, d’un électrochoc avec un jeu de piles et d’un couteau, à l’USMC – un magasin spécialisé dans les équipements militaires et le matériel de police et de sécurité – de Montrouge (Hauts-de-Seine).

L’ADN de Nezar A. était, lui, relevé à l’intérieur de l’un des gants saisis à l’Hyper Cacher ainsi que sur un revolver et un pistolet automatique Tokarev découverts dans la planque du tueur à Gentilly (Val-de-Marne). Les policiers le soupçonnent également d’avoir rencontré Coulibaly le 6 janvier, vers 23 h 30, chez lui à Epinay-sur-Seine. Il dément en bloc : «J’ai refusé de lui ouvrir la porte le 6 au soir. […] Concernant les armes, je n’ai fait qu’ouvrir un jour le coffre de sa voiture. […] Je me suis dit qu’il était dingue.»

Enfin, le rôle d’Ali Riza P. demeure particulièrement nébuleux. Né à Istanbul, d’origine kurde, il s’est rendu à de nombreuses reprises dans un garage de Charleroi, en Belgique, en compagnie d’Amedy Coulibaly. La dernière virée eut lieu le 3 janvier, soit quatre jours avant la tuerie perpétrée par les frères Kouachi à Charlie Hebdo. Ali Riza P. assure que le but était d’y revendre la Mini Cooper de Coulibaly, gagée en France. Cependant, les enquêteurs ont repéré des incohérences dans son récit, le prix de vente du véhicule variant par exemple de 12 000 à 22 000 euros. En clair, ils le suspectent d’être un des intermédiaires ayant permis au tueur de se connecter à un vaste réseau de trafic d’armes impliquant le Grec Epaminondas T., le Kurde Metin K., le Turc Segkin D. et le Belge Michel C.

Pour avancer masqués, Coulibaly et Ali Riza P. se sont fait appeler «Ali Kemal» et «Mourad» tout au long des négociations. En garde à vue, Ali Riza P. a justifié ses services par l’existence «d’une dette envers Amedy Coulibaly». En 2009, ce dernier a confié pour 15 000 euros de cannabis à Ali Riza P., chargé de les écouler. Converti à l’islam en 2014, le Kurde ne pouvait plus s’adonner à ce trafic «interdit par la religion musulmane». Du coup, il aurait accepté de «faire le chauffeur» pour Coulibaly – «qui n’aimait pas conduire»«sans poser de question».

Ali Riza P. semble avoir été pris de panique dès qu’il a su que Coulibaly était passé à l’action. Alors que la prise d’otage était toujours en cours à l’Hyper Cacher, il a foncé en Belgique. Les policiers lui reprochent d’y avoir menacé Metin K., autre intermédiaire, avec une arme à feu. Du 12 au 19 janvier, il s’est ensuite rendu au Liban. Son passeport comporte même un tampon du poste-frontière de Masnaa, juste avant la Syrie, en date du 17. La police pense qu’Ali Riza P. a tenté d’y rejoindre Mehdi Belhoucine, 23 ans, l’homme qui a exfiltré Hayat Boumeddiene, compagne de Coulibaly partie rejoindre le califat de l’EI quelques jours avant l’attaque de son mari.

Joggeur. Mi-mars, deux autres complices présumés, aux profils plus étonnants, ont été arrêtés. Ils émanent d’un second cercle et semblent avoir participé à la coordination de l’opération. Le premier, Amar R., 33 ans, a été confondu par un impressionnant travail d’analyse téléphonique. Entre le 13 février 2014 et le 23 janvier 2015, 31 lignes lui ont été attribuées. Ajoutées aux 13 de Coulibaly, aux 2 de Willy P., aux 6 d’Ali Riza P., etc. Condamné à cinq reprises pour vols en réunion, recels, vol avec arme, enlèvement et séquestration, Amar R. se trouvait en détention quand les enquêteurs ont été persuadés de son implication. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par l’Espagne pour un important trafic de stups. C’est également lui qui serait l’auteur du tir sur le joggeur de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) le 7 janvier. Tir jusqu’ici imputé à Coulibaly.

Le second, Saïd M., 25 ans, revendique une vie d’excès, de soirées alcoolisées et de virées en Belgique pour «voir des prostituées». Spécialiste de l’arnaque au crédit dans les garages, son ADN figurait sur la lanière d’un Taser retrouvé dans l’Hyper Cacher. Le 9 janvier, jour de l’assaut à Vincennes, Amar R. et Saïd M. ont détruit, ensemble, leurs puces de portable.

Ondine MILLOT et Willy LE DEVIN

jeudi 4 juin 2015

Lille : une enquête sur les ultras du Nord a précédé les attentats de janvier 2015 à Paris

Le timing de cette enquête étant aussi intéressant que son contenu, il n’est pas inutile de la (re)découvrir.


http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/politique-enquete-chez-les-ultras-a-la-rencontre-des-ia0b0n2583138

Politique : enquête chez les ultras, à la rencontre des extrêmes (1/3)

Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 06/01/2015

Sophie Filippi-Paoli et Pierre-Laurent Flamen

La tension est montée d’un cran entre ultra-droite et antifascistes avec de gros affrontements en septembre à Calais, puis en octobre à Lille. Plus ou moins bien structurés, ces groupuscules mêlent idéologie radicale et méfiance vis-à-vis des médias. Premier volet de notre enquête en trois volets.


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Où l’on traque l’extrême gauche

Samedi 8 novembre, à Lille, tentative (avortée) de prise de contact. On vient de lancer l’enquête. Une manifestation en mémoire de Rémi Fraisse est organisée sur la grand-place de Lille. Lors des manifs précédentes, des autonomes étaient dans le cortège, ça ne s’est pas forcément bien passé avec les collègues de la presse. Raison de plus pour aller jeter un œil.

À l’heure convenue, pas grand monde. Et soudain, en quelques minutes, ils sont là. Visages couverts par des écharpes, habillés en noir pour la plupart. Une jeune fille prend la parole dans un mégaphone aux couleurs du syndicat CNT (anarchistes) et dénonce un État assassin. La grenade qui a tué Rémi Fraisse est très mal passée. On ne peut que le comprendre. La jeune fille est entourée de quatre-cinq types qui la dissimulent. Ils demandent aux photographes de ne pas déclencher : « Pas de photos, on ne veut pas de photos, c’est tout ! » On tente d’expliquer qu’on est là pour parler de la manif, que les visages ne sont pas identifiables. Peine perdue.

Le cortège s’ébranle. Visiblement, les autonomes ont fait le plein de pétards de gros volume. Ça explose de partout. Quand on passe devant les banques, ils lancent des billes de peinture. Un pétard explose entre mes jambes. Pas de bobo, juste un petit saut de cabri qui n’a pas dû être un modèle d’élégance. J’essaie de parler à plusieurs manifestants. À chaque fois, la réponse est similaire : « La Voix du Nord ? On n’a pas aimé ce que vous avez écrit. La dernière fois, vos collègues ont reçu de la lacrymo, mais ce sont eux qui ont commencé. Je n’ai rien contre les journalistes qui font de l’investigation. Mais vous, vous êtes au service du pouvoir. J’ai pas envie de vous parler. » Discussion compliquée, voire impossible.

Quand la manif passe devant « la Frite rit », établissement réputé pour pencher franchement à l’extrême droite (lire ci-dessous), ça se corse. Le volet mécanique en prend plein la tronche. Des CRS s’approchent. Quelques canettes vides volent, des poubelles brûlent. Il n’y aura pas d’autre contact avec les forces de l’ordre. Ni avec nous d’ailleurs…

Lundi 10 novembre : quelque part dans la métropole lilloise, tentative de contournement de l’obstacle. L’action directe ( sic ) sur le terrain n’ayant rien donné, on tente par des voies détournées. On a un pote qui a, autrefois, donné dans le militantisme (très) actif. Un repenti en somme. Lui aura peut-être des contacts. La cinquantaine bien tassée, il en profite pour se remémorer ses vieux souvenirs. Il est un tantinet hilare, tout de même, quand il évoque ce temps où il avait participé à l’aventure d’une librairie parallèle : « À l’époque, il y avait au moins une vingtaine d’organisations, la Gauche prolétarienne, le Parti communiste révolutionnaire marxiste-léniniste, Vive la révolution, la Ligue révolutionnaire, Lutte ouvrière, les lambertistes… » Notre contact et sa bande étaient « un peu bordéliques, un peu voleurs. On était anti-organisations. On a ouvert un squat. On s’est rapprochés des anars mais ils étaient aussi curés que ceux de la Ligue. » Ceci étant dit, il nous promet de retrouver les coordonnées d’un vieux pote qui est proche du CNT, la Confédération nationale du travail qui donne dans l’anarcho-syndicalisme.

Jeudi 20 novembre : le bureau, au téléphone. On s’abandonne sur la messagerie de l’anarcho-syndicaliste en question : « Bonjour, je suis le journaliste dont X vous a probablement parlé. Merci de me rappeler. » La scène va se répéter plusieurs fois. Sans la moindre réponse.

Samedi 22 novembre : une soirée dans la métropole lilloise. La piste des anciens semble compromise. On tente notre chance avec des trentenaires dont on sait qu’ils fréquentent parfois le « Resto Soleil » à Lille. Un lieu où plusieurs incidents ont opposé des antifascistes (qui y ont leurs habitudes) à des groupuscules d’extrême droite. Coup de chance : un couple connaît des types qui militent chez les antifas de la région. Le garçon comme sa copine promettent de les contacter et de me tenir au courant.

Samedi 27 novembre : échanges de SMS avec la jeune fille de la soirée du 22. - « T’as des nouvelles pour les antifas ? »

- « Réponse de mon pote : Pour ton ami, je serais prêt à faire un effort même si je me méfie des journalistes. Je vais en parler aux copains du groupe, voir si quelqu’un est prêt à m’accompagner. Je te donne des nouvelles bientôt. »

Lundi 1er décembre : enfin ! À 19 h 32, un SMS est tombé. Deux membres des antifas sont disposés à me rencontrer. Rendez-vous est pris pour le lundi suivant dans un café du quartier de Wazemmes à Lille.

Lundi 8 décembre : la rencontre. Le café est fermé. Il pleut des cordes. On patiente devant l’église Saint-Pierre – Saint-Paul. Sur le parvis, un « Antifas » tracé à la bombe de peinture. Un type, cheveux rasés, se présente. On dira qu’il se prénomme Manu. Un autre, franchement plus chevelu, Julien, ne va pas tarder. On se dirige vers un troquet. Trois grands cafés commandés plus tard, on entame la discussion.

Les deux gars, la trentaine, militent à l’Action antifasciste NP2C comme Nord – Pas-de-Calais. Pour parler à un journaliste, Manu et Julien ont « demandé l’accord des camarades ». Leur groupe, ils le décrivent comme « étant plutôt sur des bases libertaires, même s’il n’y a pas que des anarchistes ». Un groupe « autonome, pas lié à une formation politique traditionnelle ». D’après eux, on trouve des groupes antifas à Calais, Bruay-La Buissière, Valenciennes et Lille. Et pourquoi se masquer le visage et refuser les photos quand ils manifestent dans la rue ? « Il y a la répression policière et, surtout, on veut éviter de se faire ficher par les groupes d’extrême droite. »

Des groupes d’ultra-droite qui renaissent de cendres qu’on croyait éteintes depuis longtemps : « Il y a une présence de groupes d’ultra-droite qu’il n’y avait plus ou qu’il y avait moins. Avec la Manif pour tous, l’ultra-droite s’est recomposée. Avec le côté on adoucit les mœurs au FN, ces ultras ne s’y reconnaissent plus. » Quant aux affrontements réguliers qui les opposent : « Ce sont des épiphénomènes. Il y a eu deux attaques de petits nazillons lillois en quatre ou cinq ans. On ne cherche pas l’affrontement avec eux. S’il a lieu, il a lieu. On n’est pas obnubilés par la violence, on ne la refuse pas coûte que coûte par principe. Ce n’est pas de gaieté de cœur. Eux n’hésitent pas à recourir à la violence. Il n’y a rien qui nous lie. Ils cultivent la virilité. S’ils n’existaient pas, on ne taperait pas sur des gens dans la rue.

Où l’on rencontre l’extrême droite

Jeudi 13 novembre, Lille, devant « la Frite rit ». Mercenaire en Angola, Congo et Croatie, leader officieux de l’ex-Maison flamande à Lambersart, professionnel de la sécurité, notamment pour le Front national, Claude Hermant est l’une des figures de l’ultra-droite lilloise. Il a d’ailleurs été partie prenante lors des échauffourées de la nuit du 25 au 26 octobre rue Massena à Lille (une barricade, quatre interpellations) qui ont opposé l’extrême droite et l’ultra-gauche. Il donne quand même rendez-vous devant « la Frite rit », l’un des lieux de l’affrontement, où il travaille: « On m’a frappé avec un tesson de bouteille, juste à côté de la jugulaire là, vous voyez ? »

Habitué à la violence (« pour vous, une chaise qui vole, c’est remarquable ; pour moi, c’est le quotidien »), Claude Hermant souligne cependant que « cette fois, c’est allé très loin : des deux côtés, on avait des jeunes qui voulaient juste se battre ». Quant à un point de vue plus général sur les forces en présence dans la ville, il préfère se taire : « J’ai eu assez de soucis comme ça. »

Le même jour, on discute avec une source d’extrême droite, un vieux de la vieille rencontré lors de précédents reportages qui souhaite rester anonyme. Il nous explique qu’il y a trois secteurs de tensions « idéologiques » entre ultra-droite et ultra-gauche : Calais, les Flandres et Lille (1). « Il y a eu une vague avec la création de la Maison flamande mais elle est passée. Aujourd’hui, les deux mouvements montants pour l’extrême droite, c’est Sauvons Calais et Génération identitaire, soit entre 60 et 80 militants à chaque fois. » Ce dernier collectif « refuse de nous parler dans le cadre d’une enquête mais accepte un reportage autonome » (lire l’encadré). « La gauche radicale est plus difficile à compter, reprend notre source, ils sont beaucoup moins structurés mais, d’après moi, ils sont, à Lille, une bonne quarantaine, surtout des jeunes qui ont fait des études et sont très présents dans les lycées, plus que nous. » Au final, il nous donne un nom à citer dans un bar pour trouver un militant d’extrême gauche : « Eh oui, à force, on se connaît tous. »

1. Beaucoup ajoutent le bassin minier.


http://www.lavoixdunord.fr/region/politique-enquete-chez-les-ultras-a-calais-23-ia0b0n2584945

Politique : enquête chez les ultras, à Calais (2/3)

Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 06/01/2015

DOSSIER RÉALISÉ PAR SOPHIE FILIPPI-PAOLI

La tension est montée d’un cran entre ultras avec un face-à-face en septembre à Calais puis un affrontement en octobre à Lille.


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Où l’on discute avec l’extrême gauche

Lundi 3 et vendredi 7 novembre, Calais. Il pleut à verse sur Calais. On s’approche de la maison de Sonia qui nous attend avec trois de ses amis rencontrés cinq jours plus tôt, lors de la venue de Bernard Cazeneuve. Ces militants d’extrême gauche voulaient interpeller le ministre de l’Intérieur pour lui parler des migrants, à coup de slogans et de casseroles. Ils ont été refoulés par les CRS, on a pris leur numéro de portable. Sonia, donc, une belle plante de 29 ans, qui accueille des migrants chez elle et a épousé un Afghan religieusement.

Ses premiers réflexes : proposer un café, enlever la batterie de son portable – « On est tous sur écoute » – et inciter ses copains à faire pareil. Elle nous présente « Crapaud Buffle », un intermittent de 40 ans, caché derrière un foulard lors de la manif, qui est lié aux Antifas de Lille. Puis Aurore, 42 ans, proche des No Border, familière des squats. Puis, enfin, Medhi, d’aucun groupe et qui lutte simplement pour les migrants. Quatre amis, quatre activistes bien connus de leurs ennemis de Sauvons Calais. Avec une mention spéciale pour Sonia qui faisait partie du collectif : « Je ne me rendais pas trop compte. J’étais en fait amoureuse de Kevin Reche (le leader de Sauvons Calais) et il avait l’air de savoir ce qu’il faisait. » Elle rencontre des migrants, une association, tout change. Depuis, les rapports avec Sauvons Calais sont hyper tendus. Le groupe s’indigne, évoque des insultes, des tentatives d’intimidation : « Ils savent où on habite et nous, on a leur portable, on se traite par textos aussi. » En fait, ils se surveillent mutuellement. Sonia insiste d’ailleurs pour savoir où nous allons les rencontrer ensuite, à coups de blagues et de noms de bars. Mais les radicaux de Sauvons Calais n’ont pas encore d’endroit officiel, le choix du bar est dû au hasard. L’extrême gauche serait souvent vue à la Crypte. Eux, on ne sait pas.

Sonia (à g.) et Aurore militent ensemble pour la défense des migrants de Calais.

Quelles sont leurs idées ? Clairement, une volonté lie fortement Medhi, Sonia, Aurore et « Crapaud Buffle » : la protection des migrants et l’obtention de meilleures conditions de vie pour eux. « On est aussi tous contre le racisme. » Ensuite, Aurore est, comme les No Border, pour la libre circulation des individus sans que des papiers soient nécessaires. Pour, en fait, l’absence de frontière. Ni No Border ni anarchiste, leur copain anonyme ajoute à cela l’autogestion, la suppression de l’argent et d’un quelconque gouvernement. Mehdi, lui, est « pour l’humain avant tout » : « Je n’appartiens pas vraiment à un groupe. »

Où l’on écoute les militants de Sauvons Calais

Vendredi 7 novembre. On a rendez-vous au « Cheval noir » avec, au programme, un « apéro militant » qui succède à la conférence de presse de Kevin Reche pour son entrée en politique. À 20 ans, le leader de Sauvons Calais rejoint très officiellement le Parti de la France.

De ruelle sombre en pavés mouillés, on arrive devant un bar où attendent des jeunes au crâne rasé, avec bombers à doublure écossaise et rangers au pied. Dans l’après-midi, Kevin Reche nous a appelés trois fois pour nous dire tout d’abord que non, on ne pourrait pas assister à « l’apéro militant », puis que oui puis, finalement, non : « Le Parti de la France n’y tient pas, ce sont eux qui ont loué la salle. » Intéressant.

À l’entrée, on nous fait répéter qui on est avant de nous guider jusqu’à une arrière-salle où Thomas Joly (secrétaire général du Parti de la France), Carl Lang (ex-élu régional Front national du Nord et actuel président du parti) et le leader aux allures adolescentes s’alignent derrière une table et devant des journalistes de la BBC.

D’entrée, ça parle protection des Calaisiens, unité nationale, identité française, « destruction des identités par l’immigration-colonisation »… Frêle silhouette à la voix peu sûre, Kevin Reche sera bref : « C’est avec la politique que nous pouvons changer les choses. » La main sera vite reprise par l’ex-frontiste Carl Lang.

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On en profite pour se glisser dans le couloir, histoire de discuter avec la « garde rapprochée » du chef de file de Sauvons Calais, qui « le suit lors de tous ses déplacements ». Bigre. En fait de garde, on trouve trois ados (17 ans et 19 ans) qui manient avec délice les termes de nationalistes et d’insécurité. Ils ont l’air de jouer à la guerre. Et ce n’est pas dû qu’aux bombers : ils contrôlent chaque entrée de leur apéro avec une liste d’invités (une cinquantaine de noms), parlent de « gérer » les gens, sortent si des voix s’élèvent. Tout ça avec des joues enfantines, un sérieux qui prêterait presque à sourire et des idées ultra-tranchées sur le « problème » que représentent les migrants.

Tous trois ont des familles qui votent Front national et deux sont entrés très jeunes dans les mouvements nationalistes. « Marine Le Pen nous a dit : Vous êtes trop radicaux, cassez-vous. Elle a tort, il y a de l’électorat à Calais et l’élue FN est trop discrète. »

Oui, Tanguy, Sylvain et Benjamin croient en Kevin : « Il peut y arriver. » Au quotidien, ils surveillent le camp d’en face : « On connaît tous les sites antifas comme La Horde » et se plaignent de Sonia : « C’est n’importe quoi ce qu’elle fait. » Des lycéens qui manient les mots comme des grenades et en veulent à leur ex-copine.


http://www.lavoixdunord.fr/region/politique-enquete-chez-les-ultras-dans-les-flandres-33-ia0b0n2586674

Politique: enquête chez les ultras, dans les Flandres (3/3)

Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 07/01/2015

Sophie Filippi-Paoli

La tension est montée d’un cran entre ultras avec un face-à-face en septembre à Calais puis un affrontement en octobre à Lille.


Extremes (2)

Où un radical de gauche livre son analyse

7 décembre, Flandres intérieures. Un village flamand . Grâce au collègue d’un collègue, on a déniché un portable puis un rendez-vous avec un militant actif d’extrême gauche qui habite un village des Flandres et souhaite rester anonyme.

Il était à la manif de Calais qui, en septembre, a mis en présence les quelque 200 à 300 militants de Sauvons Calais et des dizaines d’antifas. Il assure qu’il y a eu des affrontements physiques : « Quand t’as dix bonhommes qui t’arrivent dessus, tu réfléchis pas, tu te défends. »

Il n’est pas pour la violence mais souligne qu’« elle fait partie des moyens de lutte » : « J’ai déjà pris des coups de la part des flics ou des fachos mais je ne suis pas radical, je vais pas me cagouler et m’habiller en noir et je n’ai jamais fait partie du black bloc (NDLR : les Black Blocs forment, dans les manifestations, des groupes éphémères, dont l’objectif est de commettre des actions illégales, en restant anonymes. C’est pourquoi ces individus portent des vêtements noirs, ce qui rend difficile le travail d’identification.). Pour moi, défoncer un faf pour défoncer un faf, ça fait pas avancer la lutte. »

Globalement, l’extrême droite est, pour lui, mieux structurée avec des militants plus nombreux. « Dès qu’il y a une grosse mobilisation de notre côté, c’est souvent grâce à des interventions extérieures, avec des antifas de Paris, Marseille ou Londres. Et puis, on a des anarchistes qui ne veulent pas entendre parler de hiérarchie. »

Dans les Flandres plus précisément, on évoque l’actuel collectif anti-mosquée d’Hazebrouck, l’affrontement entre syndicalistes et ultras (dont Claude Hermant) à Auchel en 2011, la feue Maison de l’Artois qui avait réuni des néo-nazis, l’implantation d’une antenne de Génération Identitaire…

Rien à faire : pour lui, le combat est devenu souterrain. « S’il y a un concert, par exemple, oui il y aura des affrontements mais aujourd’hui tout passe par les réseaux sociaux. Il n’y a plus d’endroits idéologiques clairement identifiés. Vous évoquez Génération Identitaire dans les Flandres mais ça a fait flop, il n’ont fait aucune action, ils n’existent que par Internet et encore ! »

Là, il nous parle d’une boutique de vêtements identitaires à Merville qui aurait déménagé à cause de trop fortes tensions. ∙∙∙

Où l’on cherche l’ultra-droite

Merville. On y va. Sweat à capuche, chemises, tee-shirts noirs, treillis… Urban ressemble à n’importe quelle boutique de streetwear. Sauf que les marques n’ont rien d’anodin : Fred Perry, Lonsdale, Thor Steinart. On retrouve un peu l’ambiance de celle de Luc Pécharman, en moins offensif. Le client peu vigilant peut totalement passer à côté.

Très mal à l’aise, le gérant accepte du bout des lèvres de nous dire que son déménagement près de la gendarmerie est simplement dû à un loyer trop élevé et n’a rien à voir avec une quelconque pression. « J’ai parfois des remarques mais c’est aussi parce que j’ai été sur une liste Front national. »

Il voit qui est Luc Pécharman, situe sa boutique mais « reste dans son coin ». On n’en saura pas plus.

Des clients entrent. Jeunes, cheveux courts, bardés de marques qui se trouvent déjà dans la boutique. On les attend à la sortie et leurs réponses s’avèrent décevantes. Morgan, 20 ans, d’Hazebrouck et Christopher, 21 ans, de Steenvoorde adorent ce genre de marques parce qu’elles sont provoc’s et qu’il y a un défi à entrer avec en boîte de nuit.

«On les interdit parce qu’elles sont conotées racistes. Mais une fois j’ai réussi à entrer avec un Fred Perry. Regardez, j’ai la photo.» On regarde, on le voit faire la fête avec son tee-shirt. Ils sont une vingtaine en tout, habillés avec ces fringues-là « pour le délire ». «On ne cherche pas ce qu’elles veulent dire, on évite juste de les mettre quand on va à Lille parce qu’on sait que là, on aurait des problèmes. » Fausse piste.

Bailleul. Il fait nuit. On s’oriente vers la gare. Notre source ultra-droite lilloise nous a indiqué qu’il y a encore des skinheads dans ce coin-là. Et là, rien, personne.

On attend, on attend. On pousse la porte d’un café où on nous indique que oui, il y en a eu. Mais qu’ils sont partis. Poussés par la SNCF pour les uns, par la police pour les autres. Non, personne ne sait où ils sont partis. «Ils ne se montrent plus. Pour voir des ultras dans le coin, il faut que vous alliez à des concerts antifas ». Oui, on sait.


http://www.lavoixdunord.fr/region/trafic-d-armes-claude-hermant-figure-de-la-mouvance-ia0b0n2613554

Trafic d’armes : Claude Hermant, figure de la mouvance identitaire régionale, en garde à vue

Publié le 22/01/2015 – Mis à jour le 22/01/2015 à 11:37

PAR BENJAMIN DUTHOIT, VINCENT DEPECKER ET LAKHDAR BELAID

Claude Hermant, une figure de la mouvance identitaire régionale, est en garde à vue depuis mardi dans les locaux de la PJ de Lille. Il est entendu dans le cadre d’une enquête sur un trafic d’armes. Une proche a également été placée en garde à vue.



Des perquisitions ont été menées à différents endroits, notamment dans une maison de Comines-Belgique, mardi soir : durant trois heures, 82 habitants de cette ville située non loin de la métropole lilloise ont été évacués en toute urgence. Les services de police et les démineurs ont inspecté une maison suspectée d’être une cache d’armes. Si aucune arme ni explosif n’ont été découvert, le parquet de Tournai fait état de la saisie de « documents intéressants ».

Selon nos informations, la police judiciaire de Lille mène depuis mardi des opérations d’envergure afin de démanteler un trafic d’armes. C’est dans ce cadre que Claude Hermant, figure de la mouvance identitaire régionale, est en garde à vue. L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, est par ailleurs employé à la Frite Rit, rue Solférino à Lille. Une proche a également été placée en garde à vue.

Perquisitions dans le Nord et en Belgique

Des perquisitions ont été menées à différents endroits dans le Nord et en Belgique, des armes auraient été découvertes. Ces investigations, sur commission rogatoire internationale d’un juge lillois, ont ainsi débouché sur une spectaculaire descente de la police belge, mardi soir, à Comines-Belgique : une trentaine d’habitations situées le long de la Grand-Rue ont été évacuées en urgence. D’après les premiers éléments recueillis sur les lieux, il s’agissait d’une « importante opération » visant à « sécuriser » un domicile pouvant servir de cache d’arme. Sur place, de nombreux policiers belges ainsi que leur service de déminage étaient présents.

Comme nous vous l’annoncions dans notre édition papier publiée ce mercredi matin, la perquisition n’a rien donné. Ou presque. Aucune arme ni explosif n’ont été découverts dans cette maison. « Il fut par contre procédé à la saisie de nombreux objets pouvant intéresser l’affaire. Les habitants purent regagner leur domicile de manière progressive à partir de 20h45. Les devoirs judiciaires ont été clôturés vers 23h00 », précise dans un communiqué Frédéric Bariseau, substitut du procureur du roi de Tournai.

Commission rogatoire délivrée le 18 décembre 2014

Le parquet tournaisien confirme par ailleurs l’information selon laquelle cette « descente » est liée à une enquête menée par la police judiciaire française concernant un dossier de vente illégale d’armes. Les autorités belges agissaient sous couvert d’une commission rogatoire internationale délivrée le 18 décembre dernier par un juge d’instruction lillois. Bien avant, donc, les attentats commis à Paris, début janvier.

De par la nature du dossier, des mesures particulières furent mises en oeuvre en raison du risque de présence de produits explosifs. Le service de déminage est dès lors intervenu de 18h30 à 20h00 en collaboration avec un maître-chien spécialisé en recherche d’explosifs. L’habitation sécurisée, la perquisition a pu être menée par quatre membres de la police judiciaire fédérale de Mons-Tournai. Deux membres des services de police français les accompagnaient.

« Il s’agissait d’une intervention sur une possible planque, expliquait une source judiciaire française. Les démineurs n’ont rien découvert dans la maison ». Rien à voir, donc, avec la sphère djihadiste. Mais plutôt avec le milieu des trafiquants d’armes.

Côté belge, on évoquait, mardi soir, un lien entre cette opération et l’interpellation d’une personne, mardi après-midi, dans la métropole lilloise. Celle-ci aurait été en possession d’un pistolet-mitrailleur. C’est cette arrestation qui aurait conduit les policiers et les démineurs jusqu’à cette petite maison de Comines. Cette information ne nous a pas été confirmée.

Au total, ce sont donc 82 personnes qui ont été priées de quitter leur habitation en toute hâte. La police a demandé aux riverains concernés de se rendre à l’Office du Tourisme de Comines-Warneton dans les plus brefs délais. Un centre d’accueil y avait été installé en urgence par les autorités.

À 21 heures, trois heures après le début des opérations, les forces de l’ordre ont quitté les lieux et les premiers habitants ont pu commencer à regagner leur domicile dans une atmosphère pesante.


http://www.lavoixdunord.fr/region/trafic-d-armes-la-police-judiciaire-va-t-elle-remonter-ia0b0n2617224

Trafic d’armes : la police judiciaire va-t-elle remonter de l’ultra-droite jusqu’à Coulibaly ?

Publié le 23/01/2015 – Mis à jour le 23/01/2015 à 18:05

PAR B. DUTHOIT, V. DEPECKER, P. RADENOVIC ET L. belaid

La garde à vue de Claude Hermant, figure de l’ultra-droite régionale, s’est poursuivie ce jeudi. Selon différentes sources, les enquêteurs s’intéressent à un éventuel lien entre le trafic d’armes présumé et les attentats commis en région parisienne. Pour le moment, rien n’est confirmé officiellement.


 Ce terrain de paint-ball, géré notamment par Claude Hermant (photo), a été perquisitionné mercredi. photo « la voix »

L’affaire de trafic d’armes dans laquelle Claude Hermant est en garde à vue depuis mardi a-t-elle une ampleur supplémentaire ? Selon plusieurs sources concordantes, les enquêteurs de la PJ de Lille vérifient si des armes utilisées lors des attentats sanglants en région parisienne peuvent provenir de la filière présumée de cette figure de la mouvance identitaire. Ces éléments sont pour l’instant à prendre avec prudence. Interrogés, le parquet de Lille, celui de Paris, tout comme la PJ et l’avocat de Claude Hermant se refusent au moindre commentaire. Ni confirmation, ni démenti. Un black-out total, de part et d’autre de la frontière, rare et troublant.

Si rien n’est donc encore avéré, un proche du dossier concède que des « rebonds » ne sont pas à exclure dans les investigations, dirigées par un juge d’instruction lillois depuis décembre.

Des armes saisies

Ce qui est sûr, c’est que Claude Hermant et sa compagne sont en garde à vue pour trafic d’armes en bande organisée. Leurs auditions peuvent durer 96heures. Des armes ont été saisies. Mais on ignore leur nature et là où elles ont été trouvées. Plusieurs lieux ont été perquisitionnés. À commencer par la Frite Rit, à Lille, où tous deux travaillent.

Le terrain de paintball, rue de la Vallée à Ennetières-en-Weppes, géré notamment par Claude Hermant, a été perquisitionné mercredi, aux alentours de 10 h. « Il y avait une dizaine de policiers », indique une voisine. Y ont-ils trouvé des armes ? La question reste en suspens. Quant aux propriétaires du terrain, les riverains décrivent « des gens discrets, qui gèrent tout par Internet ». Et le maire avoue ne pas les connaître. Le son de cloche est identique à Comines (B) où la police belge avait déployé les grands moyens, mardi soir. Selon le parquet de Tournai, aucune arme ni explosif n’ont été découverts. Mais des éléments « intéressants pour l’enquête » ont été saisis.

Depuis l’Europe de l’Est

Selon nos informations, la PJ lilloise travaille sur un trafic d’armes remilitarisées en provenance d’Europe de l’Est, notamment de la République tchèque. « Nous sommes dans le cadre d’un trafic d’armes, explique une source judiciaire. Pas dans la sphère terroriste. Rien n’indique que les têtes d’un tel réseau s’intéressent à la destination finale de ces armes, marchandises comme une autre. »

Si cette piste est avérée, elle ne serait cependant pas une surprise. Depuis les attentats, policiers belges et français sont persuadés que certaines armes proviennent d’outre-Quiévrain. Ils s’intéressent à celles utilisées par Amédy Coulibaly, notamment un Skorpio tchèque. Le Français aurait d’ailleurs cherché à s’approvisionner auprès d’un fournisseur belge. Aux enquêteurs de déterminer si le clan Hermant est l’un des maillons, même indirect, de la chaîne.


http://www.20minutes.fr/lille/1525815-20150126-lille-trois-personnes-ecrouees-trafic-armes

Lille: trois personnes écrouées pour trafic d’armes

Le Palais de Justice de Lille
Le Palais de Justice de Lille – M. Libert
 
M.L. avec AFP
    • Publié le 26.01.2015 à 16:40
    • Mis à jour le 26.01.2015 à 16:40

Les trois personnes entendues la semaine dernière dans le cadre de l’enquête sur un trafic d’armes en bande organisée, entre le Nord et la Belgique, ont été mises en examen et écrouées, a-t-on appris, lundi, de source judiciaire.

Détention provisoire


Ces trois personnes ont été entendues, par la police judiciaire de Lille, au cours de 96 heures de garde à vue, comme l’autorise la loi dans le cadre d’enquêtes portant sur le trafic d’armes. Parmi elles, se trouvait Claude Hermant, figure de la mouvance identitaire du Nord, ainsi que son épouse. Les chefs de mise en examen retenus contre lui n’ont cependant pas été détaillés. Tous trois ont été placés en détention provisoire.

Avant les mises en examen de ces trois personnes, le parquet de Lille avait cité, dans un communiqué, les chefs d’accusation suivants: «exercice sans autorisation, en bande organisée, d’activité intermédiaire pour la fabrication ou le commerce de matériels de guerre, armes ou munitions» et «association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes et de délits punis de dix ans d’emprisonnement».

L’information judiciaire, qui a mené à ces mises en examen, avait été ouverte au tribunal de grande instance de Lille le 7 mai 2014 et l’enquête confiée à la police judiciaire de Lille. Le 20 janvier, une perquisition avait été menée dans une maison à Comines, en Belgique, dans le cadre d’une commission rogatoire internationale du 18 décembre 2014 émanant des autorités françaises. L’opération avait été exécutée par des policiers belges, accompagnés de collègues français. Aucune arme ni aucun explosif n’avaient été découverts.

mardi 2 juin 2015

A Lille, Claude Hermant reste en prison

Suite des informations que j’avais rapportées sur ce blog les 3 et 7 mai derniers :

http://www.lavoixdunord.fr/region/trafic-d-armes-un-douanier-lillois-lie-a-claude-ia0b0n2814923

Trafic d’armes: Un douanier lillois, lié à Claude Hermant, mis en examen

Publié le 08/05/2015

La Voix du Nord

Un douanier de l’antenne lilloise de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) a été inculpé pour « acquisition et détention » d’armes de guerre, qu’il aurait pu se procurer auprès de Claude Hermant.


Le douanier appartient au service d’agents en civil du renseignement des douanes, la DNRED.  PHOTO ARCHIVES max rosereauVDNPQR

Rebondissement dans le trafic d’armes présumé de Claude Hermant, une figure de la mouvance identitaire régionale, en prison depuis fin janvier. Le 30 avril, un douanier de l’antenne lilloise de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) a été mis en examen par le juge Stanislas Sandraps. Il a été inculpé pour « acquisition et détention » d’une ou plusieurs armes de catégorie A, c’est-à-dire des armes de guerre. Le fonctionnaire a été remis en liberté, sous contrôle judiciaire. Deux autres individus ont été mis en examen le 30 avril. Parmi eux figure un homme qui appartiendrait au banditisme de la métropole lilloise. Il a été écroué. L’autre personne a été relâchée, sous contrôle judiciaire.

Cet épisode met en lumière l’une des ramifications sensibles de l’affaire : les liens entre Claude Hermant et des services de sécurité . Il était un informateur de la gendarmerie. Et il aurait aussi été, d’après deux sources différentes, un indic de la DNRED. Une période révolue depuis un certain temps. Mais des relations se sont semble-t-il maintenues entre Claude Hermant et le douanier. Ce dernier se serait procuré une ou plusieurs armes auprès de lui, pour une raison ignorée.

D’après des proches du dossier, le fond de l’histoire reste toutefois le même : Claude Hermant aurait trafiqué des armes « pour son propre compte », pas sous couvert de la gendarmerie ou des douanes. Il aurait importé « plus d’une centaine » d’armes neutralisées depuis la Slovaquie, notamment par des colis. Puis il les aurait remilitarisées. Elles auraient été vendues dans les milieux délinquants, « pas uniquement lillois ».

Quelques-unes auraient atterri dans les mains d’Amedy Coulibaly, l’auteur de l’attentat de l’Hyper Cacher de Paris, en janvier. Il n’y aurait néanmoins pas de lien direct entre les deux hommes. « Claude Hermant ne connaissait pas forcément la destination finale des armes. » Le terroriste en aurait récupéré, à Charleroi (B), par un jeu de rebond entre différents intermédiaires. B. DU. ET FK. L.


http://www.lavoixdunord.fr/region/trafic-d-armes-l-ombre-du-deuxieme-homme-plane-sur-ia19b0n2843110

Trafic d’armes : l’ombre du deuxième homme plane sur l’affaire Claude Hermant

Publié le 24/05/2015

PAR PATRICK SEGHI

Quel rôle a joué S.L., figure du banditisme régional, aujourd’hui écroué, dans le cadre de l’affaire Claude Hermant ? Quelles pistes suivre vers Coulibaly ? Celle de Charleroi ou celle de Paris.. ?


d-20150121-37FMCZ 2015-05-07 08:52:22
« Claude Hermant veut mouiller la gendarmerie », avaient prévenu les enquêteurs. Le problème, c’est que l’homme soupçonné de trafic d’armes (nos éditions précédentes) a des biscuits pour y arriver. La mise en détention le 8 mai dernier de S.L.,figure du banditisme de la métropole lilloise, pourrait jeter un regard nouveau sur cette affaire. Claude Hermant avait-il prévenu les services de gendarmerie de la dangerosité de S.L., arrêté depuis par la police judiciaire ?

Des mails sulfureux

De nombreux mails échangés entre le prévenu et L.B., un gendarme, permettent de le penser. Le 7 mai 2014 à 17 h 35, Claude Hermant écrit (1) : « En bossant, je suis tombé sur un fusible à nous… Ce fusible même (sic) à des très gros poissons (Serbie et autres)… Tiens-moi au courant de ce que vous faites avec ces infos… Voilà les deux immatriculations… » Suivent… trois numéros de plaque. Claude Hermant demande que des vérifications soient faites. « Y-a-t-il des casiers jud au bout de ses immats », interroge-t-il le 9 mai 2014 ? La réponse de la gendarmerie tombera le 26 mai : « … Je regarde tes infos et reviens vers toi au plus vite, sinon tout va bien, nous sommes pris sur un autre dossier très important d’où la longueur des investigations ».

Double jeu ?

La maréchaussée a-t-elle laissé filer un gros poisson au risque d’alimenter une filière d’armes parisienne ? Claude Hermant jouait-il double jeu ? La police judiciaire lilloise n’a pas eu d’états d’âme. Elle a interpellé S.L. (écroué depuis) dont il conviendra de déterminer le rôle exact dans le cadre de ce dossier. Une exigence. Au fur et à mesure des échanges de mails, les informations transmises se font de plus en plus inquiétantes. Le 27 octobre 2014, Claude Hermant envoie ce message : « J’espère que vous avez eu le temps de travailler un peu sur les infos données… C’est une petite usine de remise en état qui est en place. Un dénommé R… propose du matériel sur Lille sud et bd… Cela va du scorpion à la kalach et autres 9 mn para… » Quasiment un supermarché…

(1)Note. Nous avons sollicité L.B., le gendarme qui correspondait avec Claude Hermant, ce dernier n’a pas souhaité donner suite. Nous n’avons pas modifié l’orthographe des mails échangés entre Claude Hermant et L.B.



http://www.lavoixdunord.fr/region/claude-hermant-sera-t-il-remis-en-liberte-reponse-lundi-ia19b0n2854563

Claude Hermant sera-t-il remis en liberté? Réponse lundi

Publié le 29/05/2015

PATRICK SEGHI

La Cour d’appel de Douai statue ce vendredi sur la remise en liberté très improbable de Claude Hermant, incarcéré dans le cadre d’un trafic d’armes présumé. Délibéré et réponse lundi…


 Claude Hermant en 2013, ici dans son camp d'entrainement dans le Nord de la France. PHOTO Edouard BRIDE
Claude Hermant, poursuivi dans le cadre d’un trafic d’armes présumé, sera-t-il remis en liberté ? La Cour d’appel de Douai rendra sa décision ce lundi, vient-on d’apprendre. Elle a mis en délibéré la demande formulée par Me Maxime Moulin, son avocat. Au vu du caractère explosif du dossier, les chances apparaissent toujours aussi minimes pour le prévenu. Pour rappel, selon nos informations, Claude Hermant aurait quitté le quartier d’isolement du centre pénitentiaire de Lille-Annœullin pour une surveillance qualifiée de « normale ». Faut-il y voir un premier indice de l’essoufflement du dossier ?

La riposte juridique du couple Hermant

Toujours selon nos informations, la compagne de Claude Hermant a relancé ce samedi un dépôt de plainte datant de juin 2014 par le biais d’un procès-verbal de renseignement. Le fait n’est pas anecdotique. Il renvoie à un contentieux avec un ancien employé, A.D., à qui le couple Hermant reproche le vol de matériel de paintball. A.D. a, dans la foulée, été renvoyé de l’emploi qu’il occupait dans une friterie lilloise, cumulant, semble-t-il, les très gros problèmes.

Un ancien de Troisième Voie

Ce dernier, au profil si particulier, d’après les documents recueillis, (ex-membre du groupe néonazi Troisième Voie, soupçonné de divers trafics…) a dénoncé son ex-patron dans le cadre d’un trafic d’armes présumé. Le jeune homme, entendu par la police, et laissé libre, vit depuis sa vie en Andalousie. La relance d’une plainte suffira-t-elle à le replacer au centre du jeu ?


http://www.lavoixdunord.fr/region/trafic-d-armes-presume-claude-hermant-reste-en-prison-ia19b0n2860682

Trafic d’armes présumé : Claude Hermant reste en prison

Publié le 01/06/2015

P.S.

Sans surprise, la cour d’appel de Douai a rejeté ce lundi la demande de remise en liberté de Claude Hermant, 51 ans, ex-figure de l’extrême droite régionale, poursuivi dans le cadre d’un trafic d’armes présumé.


 Claude Hermant restera pour quatre mois derrière les barreaux. PHOTO LA VOIX

Au vu du dossier, les chances apparaissaient minimes pour le prévenu. Mis en examen et écroué fin janvier, les enquêteurs soupçonnent Claude Hermant d’avoir armé au moins « indirectement », Amedy Coulibaly, l’auteur de la prise d’otage de l’Hyper Cacher du 9 janvier, une version totalement réfutée par les proches de l’ex-barbouze et son avocat. Pour ajouter à la complexité de l’affaire, Claude Hermant était également un informateur de la gendarmerie.


Pour mémoire :


http://www.nordeclair.fr/accueil/trafic-d-armes-claude-hermant-figure-de-la-mouvance-ia0b0n607810

Trafic d’armes : Claude Hermant, figure de la mouvance identitaire régionale, en garde à vue

Publié le 21/01/2015

PAR BENJAMIN DUTHOIT, VINCENT DEPECKER ET LAKHDAR BELAID

Claude Hermant, une figure de la mouvance identitaire régionale, est en garde à vue depuis mardi dans les locaux de la PJ de Lille. Il est entendu dans le cadre d’une enquête sur un trafic d’armes. Sa femme a également été placée en garde à vue. Des perquisitions ont été menées à différents endroits, notamment dans une maison de Comines-Belgique, mardi soir : durant trois heures, 82 habitants de cette ville située non loin de la métropole lilloise ont été évacués en toute urgence. Les services de police et les démineurs ont inspecté une maison suspectée d’être une cache d’armes. Si aucune arme ni explosif n’ont été découvert, le parquet de Tournai fait état de la saisie de « documents intéressants »


 Claude Hermant. Photo Archives Stéphane Mortagne VDNPQR

Selon nos informations, la police judiciaire de Lille mène depuis mardi des opérations d’envergure afin de démanteler un trafic d’armes. C’est dans ce cadre que Claude Hermant, figure de la mouvance identitaire régionale, est en garde à vue. L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, est par ailleurs employé à la Frite Rit (dont on vous parlait ici, dans une enquête), rue Solférino à Lille. Sa femme a également été placée en garde à vue.

Des perquisitions ont été menées à différents endroits dans le Nord et en Belgique, des armes auraient été découvertes. Ces investigations, sur commission rogatoire internationale d’un juge lillois, ont ainsi débouché sur une spectaculaire descente de la police belge, mardi soir, à Comines-Belgique : une trentaine d’habitations situées le long de la Grand-Rue ont été évacuées en urgence. D’après les premiers éléments recueillis sur les lieux, il s’agissait d’une «  importante opération  » visant à «  sécuriser  » un domicile pouvant servir de cache d’arme. Sur place, de nombreux policiers belges ainsi que leur service de déminage étaient présents.

Comme nous vous l’annoncions dans notre édition papier publiée ce matin, la perquisition n’a rien donné. Ou presque. Aucune arme ni explosif n’ont été découverts dans cette maison. «  Il fut par contre procédé à la saisie de nombreux objets pouvant intéresser l’affaire. Les habitants purent regagner leur domicile de manière progressive à partir de 20h45. Les devoirs judiciaires ont été clôturés vers 23h00  », précise dans un communiqué Frédéric Bariseau, substitut du procureur du roi de Tournai.

Commission rogatoire délivrée le 18 décembre 2014

Le parquet tournaisien confirme par ailleurs l’information selon laquelle cette « descente » est liée à une enquête menée par la police judiciaire française concernant un dossier de vente illégale d’armes. Les autorités belges agissaient sous couvert d’une commission rogatoire internationale délivrée le 18 décembre dernier par un juge d’instruction lillois. Bien avant, donc, les attentats commis à Paris, début janvier.

De par la nature du dossier, des mesures particulières furent mises en oeuvre en raison du risque de présence de produits explosifs. Le service de déminage est dès lors intervenu de 18h30 à 20h00 en collaboration avec un maître-chien spécialisé en recherche d’explosifs. L’habitation sécurisée, la perquisition a pu être menée par quatre membres de la police judiciaire fédérale de Mons-Tournai. Deux membres des services de police français les accompagnaient.

«  Il s’agissait d’une intervention sur une possible planque, expliquait une source judiciaire française. Les démineurs n’ont rien découvert dans la maison  ». Rien à voir, donc, avec la sphère djihadiste. Mais plutôt avec le milieu des trafiquants d’armes.

Côté belge, on évoquait, mardi soir, un lien entre cette opération et l’interpellation d’une personne, mardi après-midi, dans la métropole lilloise. Celle-ci aurait été en possession d’un pistolet-mitrailleur. C’est cette arrestation qui aurait conduit les policiers et les démineurs jusqu’à cette petite maison de Comines. Cette information ne nous a pas été confirmée.

Au total, ce sont donc 82 personnes qui ont été priées de quitter leur habitation en toute hâte. La police a demandé aux riverains concernés de se rendre à l’Office du Tourisme de Comines-Warneton dans les plus brefs délais. Un centre d’accueil y avait été installé en urgence par les autorités.

À 21 heures, trois heures après le début des opérations, les forces de l’ordre ont quitté les lieux et les premiers habitants ont pu commencer à regagner leur domicile dans une atmosphère pesante.


http://www.nordeclair.fr/info-locale/trafic-d-armes-claude-hermant-sa-compagne-et-un-autre-jna49b0n610718

Trafic d’armes : Claude Hermant, sa compagne et un autre homme placés en détention provisoire

Publié le 24/01/2015 – Mis à jour le 24/01/2015 à 16:18

Nord Eclair

http://www.lavoixdunord.fr/sites/default/files/articles/ophotos/20150124/203147700_B974598057Z.1_20150124121339_000_G3C3RJF27.1-0.jpg
Claude Hermant, sa compagne et un troisième suspect ont été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, vendredi en début de soirée. Le tout dans la plus grande confidentialité.

Commencée mardi, la garde à vue de Claude Hermant, une figure de l’ultra-droite régionale, s’est achevée vendredi midi. Les enquêteurs de la PJ de Lille l’ont amené au palais de justice, ainsi que sa compagne et un autre homme. Les trois personnes ont été présentées au juge d’instruction en charge de ce dossier de trafic d’armes en bande organisée.

Placement en détention

On ignore si elles ont été mises en examen ou si le débat sur le fond avec le juge a été différé. Quoi qu’il en soit, elles sont ensuite redescendues voir le juge des libertés et de la détention (JLD), qui leur a signifié leur placement en détention. Ces informations parcellaires s’expliquent par l’étrange chape de plomb qui pèse sur cette affaire. La raison ? «  Il y a du lourd  », soufflait un avocat. Me Maxime Moulin, conseil de Claude Hermant annonçait d’emblée un «  black-out total  ». Imité par Me Guillaume Ghestem, avocat de la compagne, et Me Éric Kuchcinski, défenseur du troisième suspect. Comme dans un film muet, on a vu derrière les couloirs vitrés les mis en cause entrer et sortir, l’un après l’autre, de l’audience à huis clos du JLD.

Un homme condamné pour le saccage du Vice-Versa

D’abord Claude Hermant, la cinquantaine, repérable à sa carrure et son blouson de cuir. Puis sa compagne, une jeune femme plantureuse aux cheveux longs châtain clair, tirés en queue-de-cheval. Puis le troisième suspect, un homme brun, taille moyenne, paraissant la trentaine. Selon une source judiciaire, il avait été condamné, avec deux autres, pour le saccage du Vice-Versa, un bar homo du Vieux-Lille, le 17 avril 2013.

Cette étape judiciaire ne marque pas la fin des investigations. Celles-ci sont dirigées par le juge d’instruction depuis le 7 mai. Et elles semblent prendre une ampleur supplémentaire. Un proche du dossier l’a attesté : les enquêteurs s’intéressent au possible lien, direct ou non, entre cette filière présumée et les armes utilisées par Amédy Coulibaly lors des attentats commis en région parisienne. «  On verra si cette hypothèse se confirme  », souligne cette source.

Le cas échéant, la juridiction lilloise sera-t-elle dessaisie au profit de magistrats spécialisés à Paris ? De nouveaux développements ne sont pas à exclure dans les prochaines semaines.
http://www.nordeclair.fr/info-locale/trafic-d-armes-detention-confirmee-pour-claude-hermant-jna60b0n616787

Trafic d’armes : détention confirmée pour Claude Hermant et sa compagne

Publié le 29/01/2015 – Mis à jour le 29/01/2015 à 06:10

Nord Eclair

http://www.lavoixdunord.fr/sites/default/files/articles/ophotos/20150129/987173121_B974641186Z.1_20150129054819_000_G7R3SJ3RL.1-0.jpg

En jargon judiciaire, on appelle cela un débat différé. Si Claude Hermant, sa compagne Aurore et un troisième homme ont bien été mis en examen vendredi pour trafic d’armes en bande organisée par la juge d’instruction Marie Terrier, les avocats du couple avaient, comme les y autorise le code de procédure pénale, sollicité un débat différé avec le Juge de la liberté et de la détention (JLD), qui statue sur le devenir carcéral des personnes poursuivies par la justice.

Les deux défenseurs, Mes  Maxime Moulin et Guillaume Guestem, avaient, disaient-ils, des pièces à fournir au juge dans le cadre de cette enquête aux contours sulfureux. C’est la raison pour laquelle Claude Hermant était mercredi, juste avant d’y croiser sa compagne, face au juge Mory pour un débat au fond sur son placement en détention.

Dans le même temps, on a pu apprendre que le troisième homme, qui est selon nos informations l’un des auteurs de l’agression homophobe du bar gay lillois le Vice-Versa en avril 2013, a été placé directement vendredi en détention provisoire par le JLD. Son avocat, Me  Éric Kuchcinski, a interjeté appel de cette décision devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Douai. L’appel sera examiné dans les prochains jours.

Sur le fond, rien n’a transpiré. Un fait pourtant : le dossier n’a pas été dépaysé à Paris devant les juges antiterroristes. Cela signifie-t-il que les connexions éventuelles de ce dossier avec les assassinats de Charlie et de l’épicerie casher n’ont pas abouti ? «  Rien n’est sûr  », prévient une source. Sauf une chose : Claude Hermant et sa compagne demeurent en détention.


http://www.liberation.fr/societe/2015/05/12/trafiquant-ou-infiltre-claude-hermant-le-trouble-de-l-identitaire_1308251

Trafiquant ou infiltré, Claude Hermant, le trouble de l’identitaire

Haydée SABÉRAN Lille, de notre correspondante 12 mai 2015 à 20:16
 
Claude Hermant en octobre 2011.
Claude Hermant en octobre 2011. (Photo C. Lefebvre. Voix du Nord. MAX PPP)

PROFIL

L’ex-barbouze, figure de l’ultradroite, est soupçonné d’avoir fourni des armes à Amedy Coulibaly.


Il a un look de videur, une carrure de catcheur, et cet homme-là est encombrant. En prison depuis le 23 janvier, Claude Hermant, 52 ans, figure de l’ultradroite identitaire lilloise, est soupçonné d’être impliqué dans le réseau qui a fourni des armes à Amedy Coulibaly, auteur de l’attaque contre l’Hyper Cacher en janvier. Mais aussi d’être un informateur de la gendarmerie et des douanes. La Voix du Nord a révélé l’affaire fin janvier, et ce dernier rebondissement en mai. Ce pilier de l’extrême droite locale, bête noire des antifas de Lille, aurait-il réussi l’exploit d’être à la fois un trafiquant d’armes qui alimentent les filières jihadistes et… un indic des gendarmes ?

Incarcéré à l’isolement depuis le 23 janvier, au centre d’une information judiciaire ouverte à Lille pour «trafic d’armes en bande organisée», il est un polar à lui tout seul : ex-membre du service d’ordre du FN, ancien para et mercenaire. Quand il a été arrêté, il était vendeur de frites occasionnel à Lille le jour, et surveillant d’internat dans un centre médico-pédagogique de la région trois nuits par semaines. Il aurait trouvé le temps, comme le prouverait un mail du 21 novembre cité par la Voix du Nord, d’informer les gendarmes sur un trafic d’armes franco-belge à Charleroi : «Salut Claude, nous avons vu avec notre hiérarchie, nous sommes partants pour les deux dossiers que tu nous as présentés (armes-Charleroi…).»

Paintball. L’information judiciaire a été ouverte dès le 7 mai 2014, six mois avant ce mail, et huit avant les attentats de Paris. On lui reproche d’avoir «remilitarisé» des armes, c’est-à-dire de les avoir rendues opérationnelles sans autorisation, puis de les avoir revendues. Son avocat, Maxime Moulin, reconnaît que son client s’y connaît en armes : «C’est un combattant.»

Claude Hermant a quitté les parachutistes en 1982 au grade de sergent, a été volontaire auprès des légions croates pendant la guerre de l’ex-Yougoslavie, puis barbouze au Congo à la fin des années 90. Vrai trafiquant, ou juste infiltré abandonné par sa hiérarchie ? C’est la thèse que l’ex-mercenaire tente de vendre aux enquêteurs. «Je ne serai pas le prochain Marc Fievet», a-t-il lâché aux journalistes de la Voix du Nord entre deux portes du palais de justice. Fievet est cet ancien douanier français infiltré chez les narcotrafiquants, lâché après avoir été arrêté au Canada, incarcéré onze ans. Indic des gendarmes ? Son avocat ne veut «ni confirmer ni infirmer», mais ajoute : «Si les informations des journaux sont vraies, qu’a fait la gendarmerie ?» Sous-entendu : pourquoi n’a-t-elle pas pu empêcher Coulibaly de nuire ? Selon le Nord Eclair belge, un trafiquant de Charleroi serait toujours en cavale, faute de coordination entre les forces de l’ordre françaises et belges. La friterie où Hermant travaille, la Frite Rit, rue de Solférino à Lille, dont le fonds appartient à sa compagne, était le QG de militants de l’ultradroite lilloise. Le week-end, Hermant animait des séances de paintball à Ennetières-en-Weppes, dans la campagne lilloise. L’homme, qui «refuse le qualificatif « d’extrême droite »»,raconte son avocat, mais qui se dit «chauvin, fier de son drapeau», a été responsable de la sécurité de la controversée Maison du peuple flamand de Lambersart, près de Lille, ouverte entre 2008 et 2012, repaire d’identitaires. Il organisait des «camps Arès», du nom du dieu grec de la guerre, avec réveils la nuit, marches forcées, techniques de survie et «messes, pour ceux qui le souhaitaient», dit son avocat, «des camps scouts un peu virils». En octobre 2011, il était l’un des organisateurs d’une manif identitaire à Lille, avec Serge Ayoub, le chef de «Troisième Voie», mouvement dissous après l’assassinat du militant antifa Clément Méric.

«Fantôme». Hermant est né au cœur du pays minier, à Bruay-la-Buissière, à l’époque Bruay-en-Artois. Il grandit entre un mineur encarté au Parti communiste et une mère au foyer. Il a un diplôme de plombier. Après l’armée, il est recruté par «d’autres services de l’Etat», indique son avocat sans en dire plus. Entre 1994 et 1999, il a été membre du Département protection et sécurité (DPS) du Front national, avec lequel il est aujourd’hui brouillé. En 2001, il raconte ses missions de «fantôme» (Libération du 6 juin 2001), démenties par le FN. Il dit avoir été «formé» à «l’infiltration et à la manipulation de foule», au siège du FN en 1997, par d’anciens fonctionnaires du renseignement pour «organiser la déstabilisation de certains quartiers ou des villes qui ne sont pas acquises aux idées du Front. […] Infiltrer. Prendre contact avec des bandes. Inciter à la violence ou à la rébellion. […] Dans un quartier, si vous mettez le feu à une voiture, dans l’heure qui suit, neuf fois sur dix, vous en avez quinze autres qui brûlent. […] En faisant avancer l’insécurité, vous faites progresser l’électorat du Front».

Il a ensuite joué les instructeurs au Congo-Brazzaville pour le compte du DPS et, lâché par le service d’ordre du FN, a passé huit mois dans les prisons congolaises dans le cadre d’une affaire rocambolesque de complot contre Brazzaville, puis gracié. Du fond de sa cellule, l’homme fait passer le message qu’il n’a pas l’intention de porter un costume trop grand pour lui et que, comme il a balancé le DPS, il pourrait inquiéter d’autres personnes. Son avocat : «Il peut se mettre en quatre pour vous rendre service, mais si vous n’êtes pas réglo avec lui, il s’en souviendra.»

Haydée SABÉRAN Lille, de notre correspondante

samedi 16 mai 2015

Mes publications du 10 mai 2015 ont fait de l'effet

http://petitcoucou.unblog.fr/2015/05/16/mes-publications-du-10-mai-2015-ont-fait-de-leffet/

Le 10 mai, j’ai publié deux articles, concernant chacun un « déconnologue » de la bande de Cyprien Luraghi, la riveraine « kk » pour le premier, et « tilou » pour le second.

Le graphe des statistiques « basiques » de ce blog s’est figé très tôt ce jour-là, je n’en vois la suite que depuis le retour de ses statistiques « avancées » qui avaient, elles, disparu depuis le 5 mai 2015.

Voilà donc l’extraordinaire cheminée datée du 10 mai 2015 que j’ai pu découvrir le 14 :


graph_month 24


J’en ris encore…


Les nombres de visites correspondants me resteront à jamais inconnus :


Visiteurs – 30 derniers jours

Date Visites Unique Rebonds
16/05/2015 23 23 17
15/05/2015 36 34 29
14/05/2015 32 32 25
13/05/2015 18 18 11
12/05/2015 0 0 0
11/05/2015 0 0 0
10/05/2015 0 0 0
09/05/2015 0 0 0
08/05/2015 0 0 0
07/05/2015 0 0 0
06/05/2015 0 0 0
05/05/2015 36 31 27
04/05/2015 43 32 34
03/05/2015 39 32 26
02/05/2015 39 32 28
01/05/2015 29 28 21
30/04/2015 43 39 30
29/04/2015 28 27 26
28/04/2015 52 42 36
27/04/2015 48 44 41
26/04/2015 45 38 30
25/04/2015 46 45 35
24/04/2015 39 38 28
23/04/2015 45 40 32
22/04/2015 45 42 36
21/04/2015 34 32 27
20/04/2015 47 42 34
19/04/2015 37 34 23
18/04/2015 35 32 27
17/04/2015 29 27 23
Unique TOTAL Somme: 784 Moyenne: 26


Rappelons par ailleurs que les harceleurs « kk » et « tilou » ne se gênent pas plus que leur « Konducator » Pascal Edouard Cyprien Luraghi, son épouse Annie, ses deux enfants et tous leurs autres amis « déconnologues » pour, à l’instar de leur grande prêtresse Josette Brenterch du NPA de Brest, violer l’intimité de la vie privée de familles entières d’ingénieurs et les détruire, comme en attestent les éléments de preuves que j’avais publiés sur mon blog « Un petit coucou » sur OverBlog aux mois de juin et juillet 2011 dans les trois articles dont copies ci-dessous :


2011-06-28 Du rififi chez les pirates informatiques de la bande à Cyp (Pascal Cyprien Luraghi de Puy-l'Evêque, dans le Lot) ! - Un petit coucou


2011-06-29 Le psychopathe et délinquant chevronné Pascal Cyprien Luraghi tel qu'en lui-même ! - Un petit coucou


2011-07-03 Confirmation des piratages commis par Pascal Cyprien Luraghi et sa bande de harceleurs du net - Un petit coucou


Cliquer sur les images pour les agrandir et lire les textes.